Eric Simon a passé sa jeunesse à Limoges, dans les années cinquante et soixante, avant de s'expatrier à Paris puis à Londres. A Paris, il est assistant de Serge Moati dans la réalisation du Pain noir ; il est maintenant Conseiller Principal d'Education au lycée Charles de Gaulle de Londres. |
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Lettre - Préface de François Rivière Cher Eric, Notre première rencontre a eu pour cadre un haut lieu de l’anglophilie parisienne aujourd’hui malheureusement disparu : le Smith, rue de Rivoli. Ce jour-là naquit une complicité qui ne s’est fort heureusement jamais démentie. Elle s’est enrichie au contraire de mes nombreux séjours londoniens, au cours des années quatre-vingt-dix à Dalston, South Kensington, pour ne rien dire des visites guidées de Whitechapel à l’heure où rôdent des éventreurs, ou des ruelles de Wapping jadis hantées par les personnages des Mystères de Londres ou des enquêtes de Harry Dickson. C’est autour d’un « feu de camp » virtuel que , lors de soirées arrosées de ton généreux whisky – me rappelant d’autres moments passés au cœur du Brabant Wallon en compagnie d’Edgar P Jacobs - nous convoquions les mânes des créations les plus obsédantes de l’imaginaire romanesque. Blake, Mortimer et leur fidèle Nasir, fantômes de l’Empire britannique nés de la plume d’un sujet belge fasciné par H.G. Wells et Conan Doyle ; le sinistre Dr Fu-Manchu et sa panoplie orientaliste , nymphettes aux yeux bridés et trafiquants d’opium des docks de Limehouse ; le Father Brown de G.K. Chesterton, présent de Fleet Street à Notting Hill, nous offrant le visage de l’inoubliable Alec Guinness ; « le locataire » du terrifiant roman de Mrs Belloc-Lowndes porté à l’écran par Alfred Hitchcock… Et, bien sûr aussi, un certain nombre d’êtres passablement perturbés, errant dans le grand labyrinthe de Londres sous la plume de mon amie la Baronne Ruth Rendell of Babergh – celle-ci a même imaginé le quartier de Kenbourne Vale , introuvable dans les pages du A to Z - et, plus récemment sur l’écran d’ordinateur de l’Américaine Elizabeth George. Je n’en finirais pas de citer tous les noms de ces créatures du mystère et de l’aventure que nous avons, si je puis dire, en commun. Londres. J’y suis moi-même venu pour la première fois en juillet 1964, dans le cadre des « Vacances Studieuses R. Sturgis ». Je n’avais alors qu’un désir : me rendre sur les lieux mis en images par Jacobs dans La Marque Jaune. Merci d’avoir crée autant de liens entre des créatures de fiction et des êtres bien réels dont j’ai la chance de faire partie. Et comme il me faut mettre un terme à ce petit liminaire destiné à un livre qui n’en avait pas besoin, je dédie ces lignes à deux autres figures de notre entourage, Michèle Gauriat et Nelly Bourgeois, en souvenir des dîners de Dalston et - pardon pour tant d’égocentrisme – du salon de coiffure « Afro » du Nord de Londres où, sous vos yeux à tous trois , je me débarrassai, un jour de 1988, de mon abondante toison bouclée, vestige des années baba-cool. Que Dieu te bénisse ! François Rivière |
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